L’Assemblée nationale a franchi une étape importante dans le renforcement de l’arsenal juridique de protection de l’environnement avec l’adoption de la loi portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin. À l’occasion des débats parlementaires ayant précédé le vote de ce texte, l’Honorable Charlemagne Noutèhou Yankoty a livré une intervention remarquée, saluant une réforme qu’il considère comme « un texte de survie nationale » face aux défis environnementaux croissants auxquels le pays est confronté.
Pour le député, cette nouvelle législation répond à une urgence devenue incontestable. Il a dressé le constat d’une dégradation accélérée du couvert forestier national et d’une pression sans précédent exercée sur les ressources naturelles du pays. Selon lui, les écosystèmes béninois subissent les conséquences conjuguées du braconnage, des transhumances incontrôlées, de l’expansion agricole, de l’urbanisation rapide ainsi que de l’exploitation intensive du bois-énergie.
« Le Code des forêts et de la faune que nous venons de voter est un texte de survie nationale. C’est le bouclier écologique dont notre pays a urgemment besoin », a-t-il déclaré devant la représentation nationale.
L’élu a notamment évoqué la situation préoccupante observée dans les parcs nationaux et réserves fauniques du nord du pays, confrontés à des menaces sécuritaires et environnementales persistantes. Dans les régions méridionales et centrales, il a également souligné les effets de l’urbanisation et de la pression foncière sur les mangroves, les galeries forestières et les ressources en eau, dans un contexte marqué par les impacts de plus en plus visibles des changements climatiques.
Quatre innovations majeures saluées
Au-delà du diagnostic, Charlemagne Yankoty a mis en exergue plusieurs innovations qu’il juge déterminantes dans la nouvelle architecture législative.
La première concerne le renforcement du statut des agents des Eaux, Forêts et Chasse. Le parlementaire a salué la décision du Gouvernement de faire évoluer ces agents vers un statut assimilé aux forces de défense et de sécurité, estimant qu’il s’agit d’une reconnaissance légitime des risques auxquels ils sont exposés dans l’exercice de leurs missions.
La deuxième innovation majeure réside dans la reconnaissance juridique des forêts sacrées. Pour l’élu, cette avancée constitue une première dans l’histoire législative du Bénin. Elle offre désormais une protection légale à ces espaces qui jouent à la fois un rôle écologique essentiel et une fonction culturelle profondément enracinée dans les traditions locales.
« Le Gouvernement réconcilie avec brio la science écologique moderne et notre identité culturelle endogène », a-t-il souligné, saluant une mesure qui contribue à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel national.
Le député a également mis en avant l’introduction de la foresterie urbaine dans le corpus législatif béninois. Cette disposition impose notamment aux communes d’intégrer des politiques de reboisement et d’aménagement paysager dans leur planification territoriale.
Selon lui, cette orientation répond aux défis posés par l’urbanisation rapide et la hausse des températures dans les grands centres urbains. Elle traduit une volonté d’anticiper les effets du changement climatique tout en améliorant le cadre de vie des populations.
Enfin, Charlemagne Yankoty a salué l’instauration du principe de déclassement compensatoire. Désormais, tout projet nécessitant le déclassement d’une forêt classée devra être accompagné d’un reboisement compensatoire d’une superficie équivalente ou supérieure, entièrement financé par le bénéficiaire du projet.
Pour le parlementaire, cette disposition consacre le principe du « zéro perte nette de forêt » et marque une rupture avec certaines pratiques du passé qui ne garantissaient pas une compensation effective des espaces forestiers détruits.
Une loi équilibrée pour concilier protection et développement
Tout en mettant en avant les mécanismes de protection renforcée introduits par le texte, l’Honorable Charlemagne Yankoty a insisté sur son caractère équilibré. Selon lui, la loi ne se limite pas à la préservation des écosystèmes ; elle prend également en compte les réalités socioéconomiques des populations vivant à proximité des espaces forestiers.
Il a notamment relevé la promotion des forêts communautaires ainsi que la clarification des droits d’usage, deux dispositions destinées à associer davantage les communautés locales à la gestion durable des ressources naturelles.
Au terme de son intervention, le député a rendu hommage au Gouvernement pour ce qu’il considère comme une réforme visionnaire, capable de renforcer la résilience du pays face aux défis environnementaux contemporains.
À ses yeux, ce nouveau Code des forêts et de la faune ouvre la voie à un modèle de développement conciliant protection de l’environnement, valorisation des traditions et progrès économique. Une ambition qui, selon lui, permettra au Bénin de bâtir un avenir plus vert, plus durable et plus respectueux de son exceptionnel patrimoine naturel.
Chédo WUSA












