La réforme du Médiateur de la République produit ses premiers effets au Bénin. Avec l’entrée en vigueur de la loi n° 2026-11 du 24 juin 2026 portant modification de la loi relative à l’institution du Médiateur de la République, une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire institutionnelle du pays. Désormais, les fonctions de Médiateur de la République sont directement rattachées à celles de premier vice-président du Conseil économique et social (CES).
Cette évolution juridique entraîne un changement majeur : Pascal Essou, qui occupait jusque-là les fonctions de Médiateur de la République, cesse automatiquement d’exercer cette charge, tandis que Conrad Gbaguidi, élu premier vice-président du CES à l’issue de l’installation du bureau de la 8e mandature de l’institution ce mercredi 22 juillet 2026, devient de plein droit le nouveau Médiateur de la République.
La base légale de cette transition est clairement établie. Adoptée à l’unanimité des députés présents et représentés le 24 juin 2026, la loi n° 2026-11 dispose en son article 2 nouveau que : « Les fonctions de Médiateur de la République sont exercées par le premier vice-président du Conseil économique et social. »
À travers cette disposition, le législateur met fin au système de nomination spécifique du Médiateur de la République. La fonction est désormais intégrée à l’architecture du CES, créant un lien institutionnel direct entre les deux responsabilités.
Aucune mesure transitoire n’ayant été prévue par le texte, l’application de la réforme est immédiate. Dès l’élection de Conrad Gbaguidi au poste de premier vice-président du CES, celui-ci a automatiquement accédé aux fonctions de Médiateur de la République. Corrélativement, le mandat de Pascal Essou a pris fin de plein droit, sans qu’un décret de remplacement ou une décision particulière ne soit nécessaire.
l’indépendance du Médiateur de la République
L’article 3 nouveau de la loi maintient toutefois un principe fondamental : l’indépendance du Médiateur de la République. Celui-ci demeure libre de toute instruction émanant d’une autorité politique ou administrative dans l’exercice de ses missions. Il continuera notamment à recevoir les réclamations des citoyens relatives au fonctionnement de l’administration publique, à favoriser le règlement amiable des différends entre les usagers et les services publics et à contribuer au renforcement du dialogue entre l’État et les citoyens.
Pour Conrad Gbaguidi, cette nouvelle responsabilité vient couronner un parcours institutionnel ascendant. Son aventure au sein du Conseil économique et social débute en avril 2023 lorsqu’il est élu représentant des associations de développement des départements du Zou et des Collines à la suite d’un scrutin partiel organisé à Abomey. Président de l’Association pour le développement de la commune de Savalou (ADCS), il s’était alors imposé face au général Théophile Kakpo.
En décembre 2024, il est désigné membre du CES dans le cadre de la réforme de l’institution engagée par le président Patrice Talon. Quelques mois plus tard, le 26 février 2025, il est élu président du Conseil économique et social par ses pairs, confirmant son influence grandissante au sein de cette institution consultative.
Reconnu pour sa vision du développement local, son sens du consensus et son expérience des questions sociales, Conrad Gbaguidi ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son parcours public. Son accession à la Médiature de la République lui confère une mission stratégique au service de la cohésion sociale et du dialogue entre l’administration et les citoyens.
Consolation

Quant à Pascal Essou, figure bien connue de la Médiature béninoise, il quitte une fonction qu’il aura incarnée durant plusieurs années. La nouvelle configuration institutionnelle le conduit désormais vers les fonctions de deuxième vice-président du Conseil économique et social, conformément à la réorganisation opérée par la réforme.
Ainsi, par le seul effet de la loi, le paysage institutionnel béninois se redessine : Pascal Essou descend de la Médiature de la République pendant que Conrad Gbaguidi, ancien président du CES et désormais premier vice-président de l’institution, monte au sommet de cette prestigieuse fonction de médiation républicaine.
Chédo WUSA












