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Boni Yayi annonce enfin qu’il va siéger au Sénat : un revirement justifié par la nécessité du dialogue

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Après des mois d’incertitude et de refus catégorique, l’ancien président de la République Thomas Boni Yayi a officiellement annoncé, ce mercredi 22 juillet 2026, qu’il exercera son mandat de sénateur de droit au sein de la nouvelle chambre haute du Parlement béninois. Cette décision, révélée dans une publication sur sa page Facebook, intervient quelques jours avant la réunion préparatoire des futurs sénateurs prévue à Cotonou.

Un revirement longuement mûri

Dans son message, l’ancien chef de l’État explique que la situation politique a évolué depuis l’adoption de la loi créant le Sénat. Selon lui, les conditions actuelles diffèrent de celles qui existaient lorsqu’il avait exprimé son refus de siéger. L’ancien président estime que le Parlement est désormais dominé par une seule sensibilité politique et que les espaces de concertation se sont réduits.

Face à cette évolution, il considère que la nouvelle chambre parlementaire pourrait constituer un cadre d’échanges utile. Il affirme vouloir y défendre les préoccupations des citoyens liées aux libertés publiques, au dialogue, à la sécurité, à la paix et à la cohésion nationale.

« Je n’en suis pas demandeur »

Dans sa déclaration, Boni Yayi rappelle qu’il exercera ce mandat « en vertu de l’article 113-3 de la Constitution », qui fait des anciens présidents de la République des membres de droit du Sénat. Il précise également : « Je n’en suis pas demandeur », expliquant que cette qualité découle des dispositions constitutionnelles applicables aux anciens chefs de l’État, et non d’une volonté personnelle de retourner aux affaires.

Cette prise de position marque un tournant dans la posture de l’ancien président, qui s’était opposé à la création du Sénat lors de la révision constitutionnelle de décembre 2025, qualifiant l’institution d’« initiative antidémocratique » et de « contraire aux principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs ».

Un rôle de modérateur et de facilitateur

En acceptant de siéger, Boni Yayi choisit d’utiliser les canaux institutionnels légaux pour poursuivre son engagement en faveur des grands dossiers nationaux, notamment la pacification de la vie politique, la libération des détenus et le retour des exilés. Son ambition est de faire du Sénat un espace de dialogue et de modération, capable de contribuer à la décrispation du climat politique.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes et des appels répétés au dialogue entre le pouvoir et l’opposition. La présence de Boni Yayi au Sénat pourrait offrir une tribune supplémentaire pour porter ces préoccupations et jouer un rôle de facilitateur dans la recherche de solutions aux crises politiques.

Une installation attendue

L’installation officielle des membres du Sénat est prévue pour le 30 juillet prochain au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, sous la présidence du doyen d’âge, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo. Avec l’annonce de Boni Yayi, la nouvelle institution dispose désormais de deux anciens chefs de l’État parmi ses membres de droit, ce qui renforce son poids symbolique et politique.

Chédo W.

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