Le régulateur britannique des médias, l’Ofcom, a lancé une procédure contre TikTok. Il s’agit de vérifier si le réseau social respecte bien ses engagements en matière de protection des mineurs. Si des manquements sont établis, la plateforme chinoise risque de lourdes sanctions financières.
L’étau se resserre autour de TikTok au Royaume-Uni. L’Ofcom, le gendarme britannique de l’audiovisuel et des communications en ligne, a annoncé l’ouverture d’une enquête visant le réseau social. Au cœur des investigations : le respect par TikTok de la loi Online Safety Act, entrée en vigueur pour mieux protéger les utilisateurs les plus vulnérables, en particulier les enfants.
Concrètement, le régulateur veut s’assurer que TikTok met bien en œuvre les dispositifs prévus pour empêcher les moins de 13 ans d’accéder à la plateforme et pour protéger les adolescents des contenus préjudiciables. Il s’agit notamment des systèmes de vérification de l’âge, des outils de signalement et de la modération des contenus liés à l’automutilation, aux troubles alimentaires ou à la violence. L’Ofcom précise que le lancement de cette enquête ne préjuge en rien de ses conclusions finales. Mais le signal est clair : les autorités britanniques veulent tester la solidité des engagements pris par les grandes plateformes.
Les risques pour TikTok sont considérables. En cas de non-respect avéré, l’Ofcom peut infliger des amendes allant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial de ByteDance, la maison-mère de TikTok. Le régulateur peut aussi imposer des mesures correctives pour forcer la plateforme à modifier son algorithme ou ses règles de modération. Contacté, TikTok a déclaré prendre “très au sérieux” la sécurité des jeunes et affirme coopérer pleinement avec l’Ofcom pour démontrer sa conformité.
Cette enquête britannique s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation des réseaux sociaux. Après l’Union européenne avec le DSA et les États-Unis avec plusieurs auditions au Congrès, le Royaume-Uni utilise à son tour son nouveau arsenal législatif. Pour de nombreux pays africains qui réfléchissent à encadrer les plateformes numériques, ce dossier fait office de jurisprudence. La question est désormais la même partout : comment obliger des géants du numérique à rendre des comptes sur la sécurité des mineurs sans freiner l’innovation ?
Avec cette procédure, l’Ofcom envoie un message. Les plateformes ne peuvent plus se contenter de politiques internes. Elles devront prouver, chiffres et audits à l’appui, que leurs outils de protection fonctionnent réellement. Pour TikTok, déjà visé par plusieurs enquêtes dans le monde, l’enjeu est de taille : préserver sa crédibilité et éviter une sanction financière record.
Inès KPOVOYEYI












