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Kèmi Séba : Pretoria écarte l’immunité diplomatique, l’extradition vers le Bénin en ligne de mire

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Lors de l’audience du 6 octobre 2026, le tribunal de Pretoria a rejeté la thèse défendue par ses avocats, qui invoquaient un statut diplomatique nigérien pour obtenir sa libération et bloquer toute procédure d’extradition.

Selon les autorités sud-africaines, aucun document officiel n’établit que l’activiste panafricaniste était accrédité comme diplomate du Niger sur leur territoire au moment de son interpellation, en avril dernier. Le bouclier nigérien écarté,  le dossier se joue maintenant sur la demande de la justice beninoise.

Cette décision prive Kèmi Séba de l’immunité juridictionnelle qu’il espérait opposer aux demandes de transfère émanant du Bénin.

Conséquence directe : l’ancien conseiller spécial du chef de la junte nigérienne reste placé en détention provisoire en Afrique du Sud, dans l’attente de la suite de la procédure.  Le tribunal a fixé au 20 novembre 2026 la prochaine audience consacrée à l’examen de la demande d’extradition vers le Bénin, où il est poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion.

Genèse de sa détention

L’affaire avait éclaté le 13 avril 2026, lorsque la police sud-africaine avait interpellé Kèmi Séba, son fils et un facilitateur local dans un centre commercial de Pretoria. Les enquêteurs reprochent à l’activiste une tentative de sortie clandestine vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo, avec des documents de voyage non conformes et un séjour irrégulier.  Selon la police, le facilitateur aurait reçu environ 250 000 rands pour organiser ce franchissement de frontière, dans le but ultime de gagner l’Europe.

Sur le plan béninois, le dossier repose sur un mandat d’arrêt international émis par le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Mario Mètonou.

En effet, Kèmi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est accusé d’avoir soutenu publiquement une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025, des prises de position qualifiées par les autorités de « déstabilisatrices pour les institutions ».

Du côté du Niger, la situation est plus ambiguë. Si Kèmi Séba a obtenu un passeport diplomatique en 2024 et exerce des fonctions de conseiller spécial auprès de la junte, rien n’indique, à ce stade, que Niamey ait officiellement notifié à Pretoria son accréditation en qualité de diplomate.  C’est précisément sur ce point que la défense a buté : sans accréditation formellement reconnue par l’Afrique du Sud, le statut diplomatique ne produit aucun effet protecteur sur le sol sud-africain. Il

La décision du 6 octobre fragilise donc considérablement la stratégie de Kèmi Séba, qui visait à transformer son dossier en une question d’immunité plutôt qu’en une procédure d’extradition classique.  Reste désormais à savoir comment le tribunal de Pretoria arbitrera, le 20 novembre, entre les exigences de coopération judiciaire avec le Bénin et les arguments que la défense ne manquera pas de soulever sur le plan politique et sécuritaire.

Chédo Yiséyon

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