
Reçu à l’Élysée par le président Emmanuel Macron, le président béninois Romuald Wadagni a officiellement demandé à la France la restitution de 35 biens culturels et fonds d’archives liés à l’histoire des anciens royaumes du Dahomey et de Porto-Novo. Une nouvelle étape dans la bataille engagée par le Bénin pour la réappropriation de son patrimoine.
Le dossier de la restitution du patrimoine culturel béninois connaît un nouveau tournant. À Paris, le président Romuald Wadagni a porté devant les autorités françaises une demande portant sur le retour de 35 biens culturels et fonds d’archives conservés en France.
Parmi les pièces concernées figureraient notamment le siège du roi Toffa, la statue du dieu Gou, le fétiche de Guédégbé ainsi que des éléments des portes du palais de Kétou. Au-delà de leur valeur artistique ou historique, ces objets sont considérés comme des témoins majeurs de la mémoire des peuples et des royaumes qui ont façonné l’histoire du Bénin.
Une mémoire à rapatrier
Pour les autorités béninoises, ces biens ne sauraient être réduits à de simples objets de musée. Ils incarnent une histoire, une spiritualité et une identité longtemps conservées loin de leur terre d’origine.
La nouvelle demande formulée par Cotonou s’inscrit dans la continuité de la démarche engagée sous la présidence de Patrice Talon.
En novembre 2021, la France avait restitué au Bénin 26 trésors royaux d’Abomey, une décision historique qui avait marqué une avancée majeure dans le débat international sur la restitution des œuvres africaines.
Cette première restitution avait également contribué à installer la question du patrimoine au cœur des relations entre le Bénin et la France. Elle avait ouvert la voie à une coopération nouvelle, fondée sur la reconnaissance du passé et la nécessité de réparer, au moins en partie, les conséquences de la dispersion des biens culturels africains.
Un nouveau chapitre
En réclamant 35 pièces supplémentaires, le Bénin entend poursuivre cette dynamique et élargir le périmètre de son patrimoine à rapatrier. La démarche concerne aussi bien des objets liés aux anciens royaumes que des documents d’archives susceptibles d’éclairer davantage l’histoire politique, religieuse et culturelle du pays.
L’enjeu dépasse cependant le seul retour physique des objets. Il porte également sur leur conservation, leur accessibilité au public, leur valorisation scientifique et leur transmission aux jeunes générations. Le défi qui se présente désormais aux institutions béninoises consiste à transformer ces restitutions en une véritable politique patrimoniale. Cela suppose de renforcer les infrastructures muséales, de documenter les œuvres, de développer la recherche historique et de permettre aux populations de renouer pleinement avec les récits et les symboles associés à ces biens.
La bataille se poursuit
La demande présentée à Paris confirme la volonté du Bénin de faire de la restitution un axe durable de sa politique culturelle et diplomatique. Elle traduit également une évolution du rapport de force autour du patrimoine africain, longtemps conservé dans les collections européennes sans le consentement des communautés d’origine.
Après le retour des trésors royaux d’Abomey, le pays ouvre donc un nouveau chapitre de sa quête patrimoniale. La prochaine étape dépendra désormais de la réponse de la France et des modalités qui pourraient être retenues pour le retour des 35 biens réclamés.
Pour le Bénin, l’objectif est clair : récupérer les fragments d’une histoire dispersée et faire du patrimoine culturel un instrument de connaissance, de fierté nationale et de transmission.
Akuemanho Gédéon


