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Affaire marché Ouando : Répression disproportionnée, des femmes en détresse, silence regrettables des partis UP-R , BR et LD

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La libération des abords du marché de Ouando répond à une nécessité évidente. Les voies publiques doivent rester accessibles, la circulation doit être fluidifiée et les activités commerciales doivent être organisées à l’intérieur du marché. Sur ce point, l’action de la mairie et de la Police républicaine se justifie pleinement.

Mais la manière de conduire l’opération suscite de vives préoccupations. Des femmes affirment avoir perdu leurs marchandises et leurs recettes journalières à la suite de saisies, de destructions d’étalages et de fermetures de boutiques. Si ces témoignages sont confirmés, la réponse apparaît disproportionnée au regard de la situation sociale de ces commerçantes, dont plusieurs sont engagées auprès des institutions de microfinance.

Faire respecter la loi ne signifie pas nécessairement détruire les biens ou agir sans discernement. La répression doit être humanisée : avertissements clairs, délais raisonnables, saisies encadrées, inventaire des marchandises et dialogue avec les personnes concernées. Les femmes doivent rejoindre l’intérieur du marché, mais cette réorganisation doit leur garantir des conditions réelles de travail et d’écoulement de leurs produits.

Le plus regrettable demeure toutefois le silence des partis politiques, notamment l’Union progressiste le Renouveau et le Bloc républicain. Jusqu’aux dernières élections, ces formations ont largement sollicité ces femmes pour leurs mobilisations, leurs meetings et leurs activités politiques. Elles ont été parmi les premières à chanter, danser, rassembler et porter les messages des candidats.

Il en est de même pour le parti Les Démocrates même s’il se retrouve aujourd’hui complétement au bas de l’échelle. S’il n’a pu aller aux élections, il a des militantes parmi les femmes éprouvées.

Aujourd’hui qu’elles sont confrontées à la perte de leurs biens et à une profonde détresse, ces militantes ne devraient pas être laissées seules. Il ne s’agit pas de demander aux partis de s’opposer à la loi ni de cautionner l’occupation anarchique des voies. Un simple message de soutien moral, appelant à la fois au respect des décisions publiques et à une intervention plus humaine, aurait été un geste important.

À Ouando, l’ordre doit être rétabli, mais sans humilier ni accabler davantage des femmes qui vivent déjà dans la précarité. La Police républicaine doit faire preuve de fermeté, tout en veillant à ce que ses opérations restent proportionnées. Quant aux partis politiques, ils doivent se souvenir que la proximité avec leurs militantes ne saurait s’arrêter au lendemain des élections. Mieux, il gagneraient en menant des actions en amont.

Akuemanho Gédéon

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